Sommaire
- 1. Régime cétogène et cancer du sein, le basculement vécu par une survivante
- 2. Comprendre le régime cétogène sans confondre nutrition et guérison du cancer
- 3. Les traitements du cancer restent au centre du parcours de guérison
- 4. Activité physique, liens sociaux et bien-être pendant le régime cétogène
- 5. Régime cétogène, santé visuelle et choix alimentaires après le cancer
En bref 🔎
- 🧬 Le récit de Naima Riancho montre comment une alimentation cétogène a accompagné ses traitements contre un cancer du sein agressif, sans jamais les remplacer.
- 🥑 Le régime cétogène réduit fortement les glucides et augmente les lipides afin de produire des corps cétoniques, utilisés comme carburant par l’organisme.
- 🏥 Les données humaines ne permettent pas d’affirmer que ce modèle alimentaire guérit un cancer. Il peut parfois être étudié dans un cadre hospitalier et nutritionnel très surveillé.
- 🏃 Son parcours associe alimentation, activité physique adaptée, liens sociaux, gestion du stress et plaisir de vivre.
- 👁️ Une alimentation pauvre en produits ultra-transformés peut aussi soutenir la santé visuelle, à condition de préserver les apports en DHA, lutéine, zinc et vitamines antioxydantes.
| Repère 📌 | Ce que raconte le parcours de Naima | Ce que la recherche permet d’affirmer |
|---|---|---|
| 🍞 Glucides | Suppression des sucres, féculents et produits industriels. | Une baisse des sucres ajoutés aide à stabiliser la glycémie, mais elle ne traite pas une tumeur. |
| 💊 Traitements | Chirurgie, chimiothérapies, radiothérapie et traitement ciblé ont été suivis. | Ces traitements constituent la base de la prise en charge oncologique. |
| 🥗 Régime cétogène | Mis en place avec une diététicienne et signalé à l’oncologue. | Les essais chez l’humain restent limités et concernent des populations suivies médicalement. |
| 👀 Santé visuelle | La démarche privilégie poissons gras, légumes et huiles de qualité. | Le DHA, la lutéine et la zéaxanthine participent au fonctionnement de la rétine et de la macula. |
Régime cétogène et cancer du sein, le basculement vécu par une survivante
Le 11 juillet 2019, alors qu’elle se trouvait à l’étranger, Naima Riancho reçoit un appel de son médecin lui demandant de rentrer rapidement. À son retour, le diagnostic tombe. Il s’agit d’un cancer du sein hormono-dépendant, agressif et classé stade 3. La tumeur mesurait moins de 10 millimètres, mais son profil biologique imposait une prise en charge lourde.
Ce récit inspirant ne commence pas par une assiette parfaite ni par une méthode secrète. Il commence par quelques jours passés au lit, avec le choc, la peur et une recherche très concrète sur Internet autour de l’alimentation et du cancer. Beaucoup de personnes font ce geste après une annonce médicale. Elles cherchent une prise sur une situation qui leur échappe, parfois entre deux rendez-vous, parfois au milieu de la nuit.
Naima tombe alors sur les travaux et le livre d’Ulrike Kämmerer consacré au régime cétogène. Elle découvre une idée très souvent simplifiée à tort. Les cellules cancéreuses utilisent volontiers le glucose, mais cela ne signifie pas que manger du sucre « nourrit » directement une tumeur comme on nourrirait une plante. Le glucose circule dans le sang et sert aussi au cerveau, aux globules rouges et aux muscles. L’organisme peut d’ailleurs fabriquer du glucose même lorsque les féculents disparaissent de l’assiette.
Réduire les glucides ne revient donc pas à affamer une tumeur, mais à modifier profondément les sources d’énergie disponibles, avec des effets encore étudiés en cancérologie.
Le PET scan effectué dans le cadre du bilan a renforcé sa réflexion. Lors de cet examen, un analogue du glucose marqué est injecté afin de repérer les zones qui consomment fortement ce carburant. Cet outil sert à détecter l’activité de certaines lésions et d’éventuelles métastases. Il ne prouve pas qu’un régime sans sucre puisse remplacer un traitement. Il montre simplement pourquoi la question du métabolisme tumoral intéresse les chercheurs.
Dans les discours en ligne, l’expression « le sucre est un poison » peut sembler rassurante parce qu’elle donne un ennemi clair. La réalité demande davantage de nuance. Les sodas, biscuits, céréales sucrées, desserts lactés et grignotages industriels n’apportent pas la même chose qu’une portion de lentilles, une pomme ou des légumes. Pendant un cancer, le danger nutritionnel le plus immédiat peut aussi être la dénutrition, la perte musculaire ou l’incapacité à couvrir les besoins en protéines et en énergie.
La force du parcours de cette survivante tient plutôt à sa décision de ne pas bricoler seule. Elle contacte une diététicienne-nutritionniste connaissant le sujet, Magali Walkowicz, puis échange ouvertement avec son équipe d’oncologie. Cette transparence change tout. Toute modification alimentaire restrictive pendant une chimiothérapie mérite d’être intégrée au suivi des poids, des bilans sanguins, de l’appétit, du transit et de la tolérance des soins.
Le mot survivante a ici un sens précis. Il ne désigne pas une personne qui aurait vaincu le cancer grâce à un seul levier. Il désigne quelqu’un qui a traversé chirurgie, traitements systémiques, radiothérapie, incertitudes et changements de vie, puis qui témoigne de ce qui l’a aidée à rester actrice de sa santé. Cette distinction protège des promesses qui peuvent devenir dangereuses quand elles poussent à retarder ou refuser des soins validés.

Comprendre le régime cétogène sans confondre nutrition et guérison du cancer
Le régime cétogène repose sur une baisse marquée des glucides. Dans sa version classique, les glucides représentent souvent moins de 20 à 50 grammes par jour, selon le protocole retenu. Le pain, les pâtes, le riz, les pommes de terre, les pâtisseries, les jus et la plupart des produits sucrés sont alors fortement limités. Les lipides deviennent la principale source d’énergie alimentaire.
Quand les réserves de glucose facilement disponibles diminuent, le foie fabrique des corps cétoniques à partir des graisses. Le bêta-hydroxybutyrate et l’acétoacétate peuvent servir de carburant à plusieurs tissus. Ce phénomène, appelé cétose nutritionnelle, n’a rien à voir avec l’acidocétose diabétique, une complication grave qui concerne surtout un diabète de type 1 mal équilibré ou certaines situations métaboliques aiguës.
Dans le témoignage de Naima, l’alimentation a été centrée sur les œufs, les sardines, les maquereaux, des huiles, des légumes et des aliments bruts. Elle a également retiré les produits ultra-transformés, colorants, conservateurs et sucres ajoutés. Cette partie du changement est souvent plus facile à défendre sur le plan nutritionnel que la cétose stricte elle-même. Passer d’un quotidien fait de biscuits, boissons sucrées et plats préparés à une cuisine maison améliore fréquemment la qualité globale des repas.
Le bénéfice le mieux établi d’une alimentation moins industrielle ne permet pas de conclure que la cétose est un traitement anticancer.
Les études précliniques sur des souris, notamment dans certaines tumeurs cérébrales, ont nourri l’intérêt pour la restriction glucidique et le jeûne encadré. Ces résultats ne se transposent pas automatiquement à une personne sous traitement. Chez l’humain, les essais restent de petite taille, hétérogènes et centrés sur la faisabilité, la tolérance ou certains marqueurs métaboliques. Ils ne démontrent pas, à ce jour, une guérison du cancer grâce au régime cétogène.
Les besoins changent beaucoup selon le cancer, le stade, les traitements et l’état nutritionnel initial. Une personne qui perd du poids, souffre de mucite, de nausées, de diarrhées ou d’une perte d’appétit n’a pas le même terrain qu’une personne stable, active et bien nourrie. Retirer brusquement les glucides sans compenser correctement les calories, les protéines, le sodium, le potassium et les fibres peut faire perdre de la force au mauvais moment.
Une alimentation cétogène bien construite ne se résume pas à ajouter du fromage, du beurre et de la charcuterie. Ce raccourci laisse souvent trop peu de fibres, de magnésium et de micronutriments. Il favorise aussi les graisses saturées en excès. Une version plus cohérente privilégie l’huile d’olive, les noix, les graines, les poissons gras, les œufs, les légumes verts, les crucifères, les champignons et les avocats, selon les tolérances individuelles.
- 🥑 Les légumes pauvres en amidon gardent leur place à chaque repas, car ils apportent fibres, folates, vitamine C et composés soufrés.
- 🐟 Deux portions de poisson gras par semaine apportent du DHA et de l’EPA, utiles à la rétine comme à la santé cardiovasculaire.
- 🧂 Une réduction rapide des glucides augmente l’élimination d’eau et de sodium, ce qui explique fatigue, maux de tête ou étourdissements au début.
- ⚖️ Le poids, la masse musculaire et les bilans biologiques doivent être surveillés quand un cancer ou une chimiothérapie sont en cours.
Le suivi médical n’est pas une formalité administrative. Naima a annoncé sa démarche à son oncologue au centre Oscar Lambret de Lille. Des prises de sang étaient réalisées toutes les trois semaines dans le cadre du protocole. L’accord était clair. Au moindre signal biologique inquiétant ou à une mauvaise tolérance, l’alimentation devait être réadaptée. Cette prudence est bien plus solide qu’un protocole récupéré sur les réseaux sociaux.
Pour comprendre la différence entre une approche pauvre en glucides souple et une cétose stricte, le guide des menus low carb aide à situer les aliments sans tomber dans une logique punitive. Beaucoup de personnes supportent mieux une diminution progressive des sucres ajoutés qu’une éviction brutale de tous les féculents.
Les traitements du cancer restent au centre du parcours de guérison
Naima a été opérée en 2019. Après l’ablation de la tumeur, le programme prévoyait six séances de chimiothérapie, de la radiothérapie, puis dix-huit séances de chimiothérapie ciblée pour limiter le risque de récidive. Sa première chimiothérapie a eu lieu en octobre 2019. L’ensemble du parcours thérapeutique s’est étalé sur environ deux ans.
Ce calendrier rappelle une réalité parfois effacée par les récits alimentaires très séduisants. Une guérison ne se lit jamais dans le contenu d’un panier de courses. Elle dépend du type de tumeur, de son extension, des traitements disponibles, de leur efficacité et de leur bonne réalisation. L’alimentation peut améliorer le confort, soutenir les apports et aider à maintenir une routine. Elle ne remplace ni chirurgie, ni radiothérapie, ni immunothérapie, ni hormonothérapie quand elles sont indiquées.
Dans un cancer hormono-dépendant, l’alimentation agit comme un soutien du terrain et du quotidien, tandis que les traitements anticancéreux ciblent la maladie elle-même.
Naima rapporte une bonne tolérance générale, malgré la chute des cheveux, des sourcils et des poils. Elle n’a pas connu les épisodes de fièvre ou d’infection qu’elle redoutait. Ce constat lui appartient et ne peut pas être attribué avec certitude à son alimentation. Les effets secondaires diffèrent énormément d’un protocole à l’autre. Certaines personnes ont besoin de pain, de compotes, de soupes enrichies ou de collations fractionnées pour réussir à manger pendant les cures. Leur proposer une restriction cétogène sans évaluation serait une erreur.
Le régime cétogène peut aussi interagir avec certaines situations médicales. Il demande une vigilance renforcée en cas de diabète traité par insuline ou sulfamides hypoglycémiants, d’insuffisance rénale, de maladie hépatique sévère, de pancréatite, de troubles du comportement alimentaire ou de perte de poids involontaire. Une fatigue inhabituelle, des vomissements persistants, une confusion, une déshydratation ou une chute rapide du poids imposent une évaluation médicale rapide.
Le jeûne intermittent fait également partie des habitudes évoquées par Naima. Certains jours, elle saute le petit-déjeuner. D’autres fois, elle cesse de manger après 17 heures. Cette organisation peut convenir à des adultes en bonne santé qui gardent des apports suffisants sur le reste de la journée. Pendant les traitements, elle ne peut pas être copiée mécaniquement. Une personne nauséeuse qui ne tolère que de petites prises alimentaires risque de se retrouver en déficit énergétique si elle force une longue fenêtre de jeûne.
Le mot insuline est souvent utilisé comme un épouvantail dans les discours cétogènes. L’insuline est pourtant une hormone normale, indispensable à la régulation du glucose et à de nombreux mécanismes de croissance. Le but réaliste n’est pas de supprimer toute réponse insulinique, ce qui serait impossible, mais de réduire les pics répétés liés aux boissons sucrées et aux grignotages riches en sucres raffinés. L’article consacré au rapport entre régime cétogène, graisses et insuline permet de poser cette distinction sans caricaturer le fonctionnement du corps.
Le discours autour des aliments « anti-angiogéniques » mérite la même nuance. La tomate cuite, l’ail, le thé vert, les baies rouges, les crucifères ou le curcuma contiennent des molécules étudiées pour leurs effets biologiques. Les intégrer dans une cuisine quotidienne apporte des fibres et de la diversité végétale. Aucun de ces aliments ne bloque à lui seul la vascularisation d’une tumeur chez l’humain à la dose servie dans une assiette.
Dans une assiette de cantine ou un repas familial, le changement le plus accessible peut être très simple. Remplacer le dessert sucré quotidien par un yaourt nature et une poignée de noix, garder une portion de légumes généreuse, choisir du poisson deux fois par semaine et réserver les sodas aux occasions rares modifie déjà le profil nutritionnel. Cette approche n’oblige pas à promettre une protection totale contre le cancer.
Activité physique, liens sociaux et bien-être pendant le régime cétogène
Naima ne présente pas son alimentation comme un bloc isolé. Elle parle d’une règle personnelle fondée sur quatre piliers. L’alimentation, l’activité physique, l’amour et l’amusement. Cette vision donne une place au mode de vie dans son ensemble, sans faire porter toute la responsabilité de la maladie sur les habitudes d’une personne.
La course à pied faisait déjà partie de son quotidien pour évacuer le stress. Pendant les traitements, elle a choisi un symbole fort. Un dossard par chimiothérapie. Quinze jours après son opération, elle participe au 20 kilomètres de Paris. Puis elle maintient un rythme d’une course ou d’un dossard mensuel, avec une allure annoncée autour de 8 km/h et une pratique habituelle d’une à deux sorties hebdomadaires.
Une activité physique adaptée pendant un cancer peut préserver la condition musculaire, améliorer l’humeur et réduire la sensation de subir entièrement le calendrier des soins.
Il ne s’agit pas de faire de la performance une obligation. La fatigue liée aux traitements, l’anémie, les douleurs articulaires, les neuropathies ou les suites d’une chirurgie du sein imposent parfois de ralentir. Marcher vingt minutes, faire quelques mouvements de mobilité, monter les escaliers à son rythme ou participer à un programme d’activité physique adaptée peut déjà constituer un repère solide. Le bon niveau est celui qui respecte le corps du jour, pas celui affiché par une montre connectée.
Le volet « amour » du récit parle d’entourage et de protection psychologique. Éloigner les relations qui épuisent, accepter de demander de l’aide et pouvoir déposer ses émotions changent la façon de traverser les soins. Naima a expérimenté l’hypnose, l’acupuncture, des exercices respiratoires et un cercle de parole. Ces pratiques ne détruisent pas les cellules cancéreuses. Elles peuvent néanmoins aider à mieux vivre l’anxiété, le sommeil perturbé, la douleur ou l’impression d’isolement.
Le théâtre a constitué un autre appui. Malgré les troubles de mémoire parfois associés à la chimiothérapie, elle a joué une pièce avec son fils. Retenir un texte demandait du temps et de la répétition. L’activité lui donnait aussi un objectif extérieur au cancer. C’est une idée très concrète. Préparer un repas pour des proches, cultiver quelques herbes sur un balcon, apprendre une chanson ou aller voir une pièce ne sont pas des détails décoratifs quand le quotidien est capté par les soins.
Le régime cétogène est parfois associé à une forme de contrôle permanent. Peser chaque aliment, calculer les glucides nets, vérifier les étiquettes, surveiller les cétones et anticiper chaque sortie peut devenir mentalement lourd. Naima décrit aujourd’hui une pratique parfois plus low carb que strictement cétogène. Elle ne calcule pas toujours et laisse une grande place aux légumes. Cette souplesse peut être plus soutenable que le contrôle total, surtout après un parcours médical éprouvant.
La qualité du sommeil, l’exposition à la lumière du jour et les repas devant les écrans entrent aussi dans ce tableau. Une soirée passée à grignoter chips et biscuits devant une série entretient plus facilement les prises alimentaires automatiques qu’un vrai dîner posé. À l’inverse, un repas composé d’une omelette aux herbes, de légumes rôtis, d’une salade et d’une huile de colza ou d’olive donne davantage de satiété sans imposer un discours rigide.
Cette cohérence concerne aussi les yeux. Les périodes prolongées devant un téléphone ou un ordinateur favorisent la baisse du clignement et l’inconfort de sécheresse oculaire. Des repas pauvres en poissons gras et riches en produits ultra-transformés ne causent pas à eux seuls cette gêne, mais ils ne soutiennent pas non plus les apports en oméga-3 marins. Une portion de sardines de 100 grammes apporte environ 1 à 1,5 gramme d’EPA et DHA, selon l’espèce et la préparation.
Régime cétogène, santé visuelle et choix alimentaires après le cancer
Après sa guérison, Naima garde une alimentation largement basée sur des aliments bruts. Œufs, poulet occasionnel, sardines, maquereaux, légumes du jardin, huiles et aromates forment le socle de ses repas. Elle évite les additifs, les colorants et les produits industriels. Cette façon de manger peut soutenir la santé générale, à condition de ne pas oublier la variété et les besoins propres à chaque personne.
Pour la santé visuelle, un régime très pauvre en glucides demande quelques ajustements intelligents. La macula, petite zone centrale de la rétine impliquée dans la vision des détails, concentre deux pigments alimentaires. La lutéine et la zéaxanthine filtrent une partie de la lumière bleue et participent aux défenses antioxydantes locales. Elles se trouvent surtout dans les légumes à feuilles vertes, le jaune d’œuf, le maïs et certains poivrons.
Les épinards cuits apportent environ 12 milligrammes de lutéine et zéaxanthine pour 100 grammes, avec des variations selon la variété et la cuisson. Cette quantité est bien supérieure à celle des légumes pâles. La présence de lipides au repas améliore l’absorption de ces caroténoïdes. Une poêlée d’épinards avec un œuf et une cuillère d’huile d’olive a donc plus de sens qu’un bol de feuilles vertes consommé sans matière grasse.
Un régime pauvre en glucides compatible avec la santé des yeux doit garder des légumes colorés, des œufs et des poissons gras, pas seulement des matières grasses et des protéines animales.
Le DHA, un oméga-3 marin, entre dans la composition des membranes de la rétine. Le corps fabrique très peu de DHA à partir de l’ALA des noix ou de l’huile de colza. Les poissons gras restent donc la source alimentaire la plus directe. Deux portions de 100 à 150 grammes de sardines, maquereaux, harengs ou saumon par semaine constituent un repère pratique. Les sardines en boîte au naturel ou à l’huile d’olive sont souvent plus accessibles qu’un poisson frais acheté au dernier moment.
Une alimentation cétogène peut aussi réduire fortement les fruits. Cette décision fait baisser les apports en vitamine C si les légumes sont insuffisants. Poivron rouge, brocoli, chou kale, chou-fleur, persil, citron et petites portions de fruits rouges permettent d’en conserver. Les baies rouges s’intègrent facilement dans une approche low carb, par exemple 50 à 80 grammes avec un yaourt nature entier, des amandes et quelques graines de chia.
La prévention de la dégénérescence maculaire liée à l’âge, ou DMLA, ne repose pas sur un régime cétogène. Les études AREDS2, publiées en 2013 après le programme AREDS, ont montré qu’une formule précise pouvait réduire le risque de progression chez des personnes ayant une DMLA intermédiaire ou avancée d’un œil. La formule étudiée associe 10 mg de lutéine, 2 mg de zéaxanthine, 500 mg de vitamine C, 400 UI de vitamine E, 80 mg de zinc sous forme d’oxyde et 2 mg de cuivre sous forme d’oxyde cuivrique.
Cette formule se présente généralement en gélules ou comprimés. Elle ne s’adresse pas à toute la population et ne prévient pas une DMLA chez quelqu’un qui n’en présente aucun signe. Les compléments oculaires du commerce reprennent parfois une partie de ces doses, parfois avec des mélanges moins documentés. Les compléments type Nutrof ne remplacent pas une alimentation carencée, ils la complètent dans un contexte précis. Un suivi ophtalmologique régulier reste indispensable en cas de DMLA, de glaucome, de cataracte ou de baisse visuelle nouvelle.
Le sevrage du sucre peut être une étape utile quand les envies de produits sucrés organisent la journée. Maux de tête transitoires, irritabilité, fatigue ou envie de grignoter peuvent apparaître lors d’une diminution brutale. Les signes fréquents lors du sevrage du sucre permettent de mieux distinguer une adaptation alimentaire d’un problème médical qui mérite un avis rapide.
Le parcours de Naima garde une valeur humaine forte parce qu’il ne nie pas les soins. Son alimentation, son sport, ses recherches, ses proches et ses activités créatives lui ont fourni des points d’appui pendant une période violente. Pour une personne touchée par le cancer, la bonne question n’est pas de trouver l’assiette parfaite, mais de construire une alimentation tolérable, suffisamment nourrissante et compatible avec le protocole médical.
Le régime cétogène peut-il guérir un cancer ?
Non. Les données disponibles ne montrent pas qu’un régime cétogène guérit un cancer chez l’humain. Il peut être étudié comme soutien métabolique dans certains protocoles, mais chirurgie, chimiothérapie, radiothérapie, hormonothérapie et autres traitements validés restent la base de la prise en charge.
Peut-on commencer une alimentation cétogène pendant une chimiothérapie ?
Cette décision demande une évaluation individualisée avec l’équipe d’oncologie et un professionnel de la nutrition. Une perte de poids, des nausées, une dénutrition, un diabète traité ou une maladie rénale peuvent rendre une restriction stricte inadaptée.
Quels aliments privilégier dans une approche low carb favorable aux yeux ?
Les sardines et maquereaux deux fois par semaine apportent du DHA. Les épinards, choux, brocolis, poivrons, œufs et huiles végétales apportent lutéine, zéaxanthine et vitamines antioxydantes. Une matière grasse au repas améliore l’absorption des caroténoïdes.
Les compléments AREDS2 sont-ils utiles sans DMLA ?
Non, la formule AREDS2 a été étudiée chez des personnes présentant une DMLA intermédiaire ou avancée d’un œil. Elle n’est pas conçue comme complément préventif universel et son intérêt doit être discuté selon le bilan ophtalmologique.