Bien-être & Prévention

Patrick Lemoine : La mélatonine, une solution naturelle et efficace contre l’insomnie

Sophie Lambert ·
Patrick Lemoine : La mélatonine, une solution naturelle et e

En France, la vente de mélatonine explose dans les pharmacies et sur internet, portée par la promesse d’un somnifère naturel 😴 plus doux que les hypnotiques classiques. En parallèle, les consultations pour troubles du sommeil ne cessent d’augmenter, surtout après 50 ans, quand la sécrétion de cette hormone commence à chuter.

En bref

  • 🌙 La mélatonine est une hormone de régulation du sommeil produite la nuit par la glande pinéale, dont la sécrétion baisse nettement après 50 ans.
  • 🧠 Le psychiatre Patrick Lemoine, spécialiste du sommeil, a montré qu’une mélatonine à libération prolongée améliore la qualité du sommeil et la vigilance matinale chez les plus de 55 ans insomniaques.
  • 💊 Cette forme prolongée se distingue des compléments « flash » : elle mime mieux le profil nocturne naturel de mélatonine et ne provoque pas d’effet rebond à l’arrêt.
  • 🌿 La mélatonine s’inscrit dans une stratégie de solution naturelle qui inclut aussi phytothérapie, gestion de la lumière, alimentation et hygiène de vie, sans remplacer le suivi médical.
  • 🧓 Chez les seniors, elle peut réduire le recours aux somnifères classiques, souvent responsables de chutes et de confusion, à condition d’être bien dosée et prise au bon moment.
  • 👀 Un sommeil de meilleure qualité soutient le bien-être général et la santé visuelle, en protégeant la rétine du stress oxydatif nocturne et en améliorant la récupération après les heures d’écran.

Mélatonine, insomnie et régulation du sommeil selon Patrick Lemoine

La plupart des insomnies ne commencent pas avec un diagnostic, mais avec un geste du quotidien. Un écran consulté trop tard, un dîner pris devant une série, une lumière forte dans la salle de bain au moment du coucher. Progressivement, la mécanique naturelle qui alterne veille et sommeil se dérègle.

C’est là que le nom de Patrick Lemoine revient souvent. Ce psychiatre, pionnier des unités du sommeil en France, rappelle que l’insomnie n’est pas qu’une affaire de stress ou de pensées qui tournent. Il distingue deux grands profils. D’un côté l’hyper éveil, nourri par l’anxiété, la colère, la rumination. De l’autre l’hypo sommeil, où le problème vient surtout d’un dérèglement biologique, en particulier de la sécrétion de mélatonine.

Cette hormone est fabriquée par la glande pinéale dès que la lumière baisse, avec un pic nocturne vers 2 heures du matin. La lumière, surtout bleue (écrans, LED), freine sa libération. À partir de 50–55 ans, ce pic s’aplatit, ce qui explique des endormissements plus tardifs, des réveils nocturnes fréquents et une sensation de ne plus « récupérer » la nuit.

Dans ce contexte, beaucoup cherchent une solution naturelle. La mélatonine coche les cases dans l’imaginaire collectif. Hormone produite par le corps, vendue en complément, association fréquente avec la phytothérapie (valériane, passiflore, houblon). Elle est vue comme une alternative douce au somnifère chimique, sans toujours distinguer les différentes formes et dosages.

Ce flou crée un décalage entre ce que les gens croient acheter et ce que la recherche montre vraiment. D’un côté les gélules « flash » vendues à 1 mg ou 1,9 mg, qui montent vite dans le sang puis disparaissent en moins d’une heure. De l’autre, la mélatonine à libération prolongée, étudiée chez les plus de 55 ans insomniaques, qui diffuse l’hormone progressivement pendant la nuit pour imiter un profil plus physiologique.

Le travail de Patrick Lemoine éclaire ce paysage. Son étude en double aveugle contre placebo, menée auprès de 170 patients de plus de 55 ans, montre qu’une dose de 2 mg à libération prolongée, prise le soir avant le coucher, améliore la qualité globale du sommeil et l’état d’éveil le matin. Les patients s’endorment plus vite, se réveillent moins souvent et se sentent plus alertes au réveil, sans sensation de « gueule de bois » médicamenteuse.

Autre point fort largement mis en avant par ce spécialiste du sommeil, l’absence d’effet rebond. Après l’arrêt du traitement, les troubles du sommeil reviennent, mais ne s’aggravent pas. Cela tranche avec certains hypnotiques classiques qui entraînent dépendance et aggravation de l’insomnie à l’arrêt.

Dans sa pratique, Patrick Lemoine ne voit pas la mélatonine comme une baguette magique, mais comme un outil dans une stratégie globale. Gestion de la lumière, rituels de coucher, rythme des repas, activité physique, réduction de l’alcool et de la caféine. Tout ce qui redonne de la cohérence au cycle veille–sommeil renforce l’effet de cette hormone.

Pour quelqu’un qui cherche à réduire sa consommation de somnifères classiques, ce discours change la perspective. On ne remplace pas un comprimé par un autre, on reconstruit un rythme biologique plus cohérent, en profitant du coup de pouce de la mélatonine pour réaligner l’horloge interne.

Hormone du sommeil, horloge interne et impacts sur le corps

La mélatonine ne « force » pas le cerveau à dormir. Elle indique plutôt à l’organisme que la nuit a commencé. Elle agit comme un signal de temps sur les noyaux suprachiasmatiques, ces structures cérébrales qui gèrent le rythme circadien sur 24 heures.

Ce signal horaire ne concerne pas que le sommeil. Il coordonne la température corporelle, la sécrétion de cortisol, la pression artérielle, mais aussi l’activité métabolique. Quand ce rythme est mal synchronisé, tu peux avoir sommeil sans arriver à t’endormir, te réveiller trop tôt, ou te sentir épuisé(e) toute la journée malgré des nuits passées au lit.

Des nuits morcelées ont des répercussions directes sur le bien-être. Irritabilité, envies de sucre en journée, baisse de la motivation à bouger. Sur la santé visuelle, un sommeil trop court ou trop léger laisse moins de temps aux photorécepteurs de la rétine pour réparer les dommages oxydatifs accumulés pendant les heures d’écran ou d’exposition à la lumière artificielle.

Un sommeil profond et continu reste l’un des meilleurs alliés de la rétine pour gérer ce stress oxydatif chronique. C’est là que les solutions qui améliorent la continuité du sommeil s’enchaînent avec les nutriments protecteurs pour les yeux. Lutéine, zéaxanthine, vitamine C, vitamine E, zinc, DHA, tous ces éléments travaillent mieux dans un organisme qui récupère la nuit.

Les travaux sur la mélatonine montrent aussi des effets sur la vigilance diurne. Quand un senior dort mieux, il chute moins, conduit avec plus de sécurité, gère mieux ses médicaments et s’alimente plus régulièrement. Chaque point compte pour préserver la santé générale, mais aussi la vision : une alimentation plus stable favorise des apports réguliers en antioxydants et oméga-3 protecteurs de la macula.

Dans ce paysage global, la mélatonine joue donc un rôle de metteur en scène discret. Elle ne fait pas tout, mais elle donne le tempo. Bien dosée, bien synchronisée, elle aide à recalibrer l’horloge interne et, par ricochet, à solidifier des piliers comme la glycémie, la tension, la fatigue oculaire et la motivation à cuisiner plutôt qu’à se rabattre sur des plats industriels pris devant l’écran.

Personne dormant paisiblement avec un flacon de mélatonine pour le sommeil
Patrick Lemoine : La mélatonine, une solution naturelle et e — illustration

Étude de Patrick Lemoine sur la mélatonine à libération prolongée : ce qu’il faut vraiment comprendre

Pour sortir du brouillard marketing autour de la mélatonine, le plus utile reste de regarder de près l’étude phare menée par Patrick Lemoine et ses collègues. Pas dans le détail statistique, mais avec les bons repères pour savoir ce que l’on peut en tirer au quotidien.

L’essai a inclus 170 personnes âgées de plus de 55 ans souffrant d’insomnie marquée. Le protocole en double aveugle contre placebo signifie que ni les patients ni les médecins ne savaient qui recevait la vraie mélatonine ou un comprimé neutre. Chaque soir, pendant trois semaines, les volontaires prenaient 2 mg de mélatonine à libération prolongée avant de se coucher.

Les chercheurs ont évalué trois paramètres clés. Le temps d’endormissement, la qualité du sommeil (mesurée par la réduction des éveils nocturnes) et la qualité de l’éveil du matin. Ces critères reflètent bien ce que ressent un insomniaque au quotidien. Le temps qu’il met à « décrocher », la capacité à rester endormi, et la sensation au réveil de vraie récupération ou non.

Résultat, la mélatonine prolongée a significativement amélioré ces trois dimensions, avec une corrélation nette entre sommeil plus continu et meilleure vigilance matinale. En langage pratique, dormir mieux la nuit ne s’est pas payé d’une somnolence accrue dans la journée, au contraire.

L’autre point souligné par Patrick Lemoine est l’absence de dépendance et de sevrage. Pas de besoin d’augmenter les doses pour garder l’effet, pas de détérioration des nuits à l’arrêt. Hors protocole strict, certains patients ont continué la prise pendant un an en « ouvert » (tout le monde savait ce qu’il prenait). L’équipe a observé une bonne tolérance et même, chez certains, une rémanence. Le rythme de sommeil restait plus régulier pendant un temps après l’arrêt.

Pour visualiser les différences entre formes de mélatonine disponibles, ce tableau donne des repères utiles.

Forme de mélatonine 😴 Mode d’action ⏱️ Durée d’effet approximative Usage typique
Libération immédiate (compléments classiques 1–1,9 mg) Pic rapide dans le sang, chute en moins d’une heure Effet surtout sur l’endormissement, peu sur la nuit complète Coucher décalé ponctuel, jet lag léger, troubles mineurs
Libération prolongée 2 mg (type Circadin) Diffusion continue toute la nuit, profil proche de la sécrétion naturelle Plusieurs heures, couvre une grande partie de la nuit Insomnie chronique du sujet de plus de 55 ans avec sécrétion diminuée
Fortes doses non contrôlées achetées en ligne Exposition excessive des récepteurs, risque de désensibilisation Profil imprévisible, pic suivi d’un creux Usage déconseillé sans avis, surtout en cas de traitement médicamenteux

Ce comparatif montre pourquoi toutes les gélules de mélatonine ne se valent pas. L’étude citée se base sur une forme précise, produite par Neurim Pharmaceuticals, qui a abouti à un médicament (Circadin) autorisé chez les plus de 55 ans avec insomnie. On parle ici d’un cadre médical, avec suivi, pas d’un achat impulsif sur internet.

Il existe aussi un débat sur les doses. Le chercheur Richard Wurtman a montré qu’une dose très basse, autour de 0,3 mg, suffit parfois à réaligner le rythme circadien, et qu’un excès pourrait saturer les récepteurs. La différence vient surtout du type de libération. Les fortes doses en prise unique et immédiate n’imitent pas un profil naturel. La libération prolongée, elle, permet de distiller l’hormone pendant la nuit tout en restant dans une plage compatible avec la physiologie.

Chez les personnes âgées, ce point est fondamental. Leur sécrétion endogène de mélatonine est déjà faible. Une forme prolongée qui « complète » ce manque sans inonder l’organisme permet de reconstruire une nuit plus proche d’un sommeil jeune adulte, non pas par sédation, mais par réalignement de l’horloge interne.

Pour que cette approche garde du sens en 2026, il faut aussi regarder ce qui a changé. Le temps passé devant les écrans le soir a encore augmenté. Les LED froides dominent l’éclairage domestique. Tout cela coupe la sécrétion naturelle de mélatonine. Un complément, même bien dosé, ne compense pas un salon éclairé comme un open space jusqu’à 23 h. Il agit dans un environnement lumineux qu’il faut déjà avoir adapté.

Dernier point rarement discuté, la place de la mélatonine parmi les autres leviers « naturels ». Dans une démarche globale, elle peut se coupler à un travail sur le stress chronique, par exemple en s’appuyant sur des approches détaillées dans des ressources comme la gestion du stress par des méthodes naturelles. Moins de tension émotionnelle, plus de cohérence dans les horaires de repas et de coucher, c’est offrir un terrain plus favorable à l’efficacité de l’hormone.

Mélatonine contre les somnifères classiques : quelle solution naturelle pour l’insomnie ?

Beaucoup de personnes qui se tournent vers la mélatonine le font pour s’éloigner des hypnotiques de type benzodiazépines ou apparentés. L’idée est claire. Moins de risque de dépendance, moins de somnolence diurne, moins de chutes. Surtout chez les seniors qui cumulent déjà plusieurs traitements.

Pour comprendre la différence, il faut regarder le mécanisme. Les hypnotiques entraînent une sorte de « mini-anesthésie générale ». Le cerveau ralentit, la conscience se déconnecte, mais la structure du sommeil est modifiée. Moins de sommeil profond naturel, perturbation du sommeil paradoxal, sensation d’avoir dormi longtemps mais de façon peu réparatrice.

La mélatonine ne sédative pas, elle synchronise. Elle envoie un message horaire au cerveau. Si les conditions sont réunies (obscurité, température corporelle qui baisse, environnement calme), ce message facilite l’endormissement et stabilise le rythme. Les habitués des somnifères peuvent être surpris. Pas de coup de massue, pas de chute brutale dans le sommeil. Le ressenti est plus subtil, plus progressif, avec parfois quelques semaines nécessaires avant d’apprécier pleinement la différence.

Chez les plus de 55 ans, l’intérêt est double. D’un côté, réduire la part d’hypnotiques responsables de chutes nocturnes, de confusion matinale, de troubles mnésiques. De l’autre, rétablir une nuit plus continue, ce qui améliore la vigilance, l’équilibre et l’aptitude à gérer son quotidien. Pour les yeux, cela veut dire moins de risques de chutes traumatiques, donc moins de contusions orbitaire, et une meilleure gestion de pathologies chroniques comme la DMLA ou le glaucome grâce à une meilleure observance des traitements.

Dans une approche de solution naturelle, la mélatonine n’est presque jamais utilisée seule. Elle s’intègre dans une stratégie de type « architecture du sommeil » avec plusieurs briques concrètes.

  • 🕯️ Diminuer progressivement la lumière le soir, surtout les écrans, au moins 60 à 90 minutes avant le coucher.
  • 🥗 Avancer le dîner, limiter l’alcool et les repas très gras tardifs qui perturbent la digestion et le sommeil profond.
  • 🌡️ Réchauffer le corps le matin (douche chaude, mouvement) et le laisser refroidir le soir (pièce plus fraîche, boisson tiède) pour accompagner la thermorégulation liée au sommeil.
  • 🌿 Associer, si besoin, une phytothérapie bien ciblée (valériane, passiflore) pour réduire l’hyper éveil, sans chercher à cumuler toutes les plantes de la parapharmacie.

Les hypnotiques gardent une place dans certains contextes psychiatriques ou médicaux complexes, mais dans l’insomnie du sujet âgé avec baisse de mélatonine, le profil de tolérance de la forme prolongée est plus favorable. Très peu d’effets secondaires, essentiellement quelques céphalées ou rêves plus vifs chez certains.

Ce changement de stratégie a un impact sur les autres sphères de la santé, y compris oculaire. Un sujet qui se sent moins embrumé le matin sort davantage, s’expose à une lumière naturelle qui renforce encore la synchronisation de l’horloge interne, mange plus régulièrement, et intègre plus facilement des aliments riches en lutéine, zéaxanthine et DHA dans ses repas.

L’idée n’est pas de remplacer tout somnifère par de la mélatonine, mais de voir cette hormone comme un pivot biologique autour duquel articuler le reste. Elle aligne l’horloge. L’hygiène de vie concrète, l’alimentation et éventuellement une thérapie cognitivo-comportementale consolident ce nouvel équilibre.

Sommeil, mélatonine et bien-être global : alimentation, yeux et rythmes biologiques

Quand on parle d’insomnie, on pense rarement à la rétine, à la macula ou au nerf optique. Pourtant, le sommeil est un moment-clé pour la maintenance des tissus très actifs comme ceux de l’œil. La nuit, plusieurs processus de réparation s’activent. Gestion du stress oxydatif, renouvellement des photorécepteurs, régulation de la pression intraoculaire.

Une nuit écourtée ou hachée, surtout chez quelqu’un qui passe déjà ses journées devant des écrans, laisse ces processus sur le tapis. La mélatonine joue un double rôle ici. D’abord en régulant le sommeil lui-même. Ensuite en agissant comme antioxydant dans certains tissus, y compris au niveau oculaire, même si cet aspect reste encore en cours d’exploration pour l’homme.

Côté alimentation, tu peux soutenir ce duo sommeil–yeux avec des gestes très concrets. Dîner ni trop tard, ni trop sucré, ni trop gras, permet d’éviter les rebonds glycémiques nocturnes qui fragmentent le sommeil. Intégrer des légumes riches en caroténoïdes (épinards, chou kale, brocoli) apporte de la lutéine et de la zéaxanthine, pigments essentiels pour la macula.

Une bonne façon pratique d’avancer consiste à organiser ses menus autour des végétaux de saison. Les guides comme les fruits et légumes de saison offrent un appui clair pour repartir de ce qu’on trouve sur les étals plutôt que de ce qui est présenté dans les publicités. Assiette verte le soir avec une source de lipides de qualité (huile de colza ou de noix) pour améliorer l’absorption des caroténoïdes, et poisson gras deux fois par semaine pour le DHA, c’est le socle.

La mélatonine s’intègre dans ce cadre alimentaire. Une digestion légère le soir facilite son action. Un microbiote intestinal en meilleur état, soutenu par des fibres, des légumes, des légumineuses, améliore aussi la métabolisation de certains précurseurs et la gestion de l’inflammation systémique qui dérègle le sommeil.

Les troubles digestifs chroniques, type dysbiose ou SIBO, sont d’ailleurs souvent associés à des réveils nocturnes et à une fatigue persistante. Travailler ces problématiques de fond grâce à des approches structurées, comme celles présentées sur des ressources spécialisées autour de la dysbiose et des stratégies alimentaires, complète intelligemment la prise de mélatonine chez ceux qui cumulent troubles intestinaux et insomnie.

Sur le plan du bien-être général, ça donne une image assez claire. Moins de graisses trans et de sucres rapides le soir, plus de végétaux et de lipides de qualité, gestion réelle de la lumière et des écrans, mélatonine utilisée de façon ciblée et non au hasard. Tu construis alors un environnement où ton corps reçoit des signaux cohérents.

Pour les yeux, ce cercle vertueux a plusieurs effets indirects. Une meilleure vascularisation rétinienne grâce à une meilleure tension artérielle nocturne, une protection renforcée contre la DMLA par apport régulier en antioxydants, une réduction de la sécheresse oculaire liée à un meilleur équilibre hydrique et oméga-3. La mélatonine ne déclenche pas tout cela seule, mais elle facilite la mise en place des habitudes qui y mènent.

Pour qui la mélatonine est-elle vraiment utile, et comment l’utiliser intelligemment ?

Face à l’offre croissante de gélules estampillées « sommeil », la question devient vite très concrète. Qui a vraiment intérêt à utiliser la mélatonine comme somnifère naturel, et dans quelles conditions ? Les travaux de Patrick Lemoine apportent des repères solides.

Les candidats les plus concernés restent les personnes de plus de 55 ans qui présentent une insomnie chronique avec difficulté d’endormissement et réveils nocturnes fréquents. Chez elles, la sécrétion endogène de mélatonine est souvent diminuée. Une forme à libération prolongée, à 2 mg, prise 1 à 2 heures avant l’heure habituelle de coucher, peut réaligner le rythme veille–sommeil sur plusieurs semaines.

Certains profils médicaux particuliers peuvent aussi en tirer profit. Patients ayant subi une ablation de la glande pinéale, troubles sévères du rythme veille-sommeil en neurologie, décalage horaire majeur dans un cadre professionnel. Dans ces cas, l’utilisation doit rester médicalisée, avec adaptation aux traitements associés.

En revanche, chez une personne de moins de 50 ans qui sécrète encore correctement de la mélatonine, l’impact est souvent décevant si le trouble vient surtout de l’hyper éveil psychologique. Le problème vient davantage du stress, de la rumination, d’horaires décalés, de grignotages tardifs et d’une exposition à la lumière artificielle jusqu’au lit. Là, la priorité reste la restructuration des rythmes, éventuellement avec un soutien en phytothérapie ou une prise en charge psychothérapeutique.

L’utilisation intelligente de la mélatonine repose sur trois points. D’abord le bon moment de prise, en cohérence avec l’objectif de coucher, généralement entre 21 h et 23 h selon les rythmes. Ensuite la bonne forme galénique, immédiate ou prolongée, choisie en fonction du type d’insomnie (endormissement seul ou nuit fragmentée). Enfin la durée. Par exemple une cure ciblée de quelques semaines chez un senior, accompagnée de changements d’hygiène de vie, plutôt qu’une prise à l’aveugle à durée indéterminée.

Dans tous les cas, la mélatonine ne remplace pas un suivi ophtalmologique, cardiologique ou psychiatrique quand il existe une pathologie de fond. C’est un outil de synchronisation, pas un traitement curatif. Elle ne corrige pas une apnée du sommeil, une dépression non prise en charge ou une hypertension mal équilibrée.

Pour un lecteur qui souhaite passer à l’action sans se perdre dans les rayons de compléments, un repère utile consiste à partir du besoin précis. Si la préoccupation principale concerne l’immunité et la fatigue saisonnière liée à un mauvais sommeil, mieux vaut parfois regarder d’abord du côté de compléments axés sur les vitamines, le zinc et la vitamine D, comme ceux détaillés dans un dossier sur les compléments pour renforcer l’immunité, avant d’ajouter une couche de mélatonine.

La frontière entre médicament et complément reste d’ailleurs importante. En Europe, la mélatonine à libération prolongée destinée aux insomnies de plus de 55 ans est un médicament soumis à prescription. Les formes à faible dose, en complément alimentaire, relèvent d’un autre encadrement. Même si elles sont disponibles librement, elles ne sont pas anodines pour autant, surtout en cas de poly-médication.

En filigrane, ce que rappelle la position de Patrick Lemoine, c’est que l’insomnie n’est pas un simple manque de sommeil. C’est une désorganisation globale du rythme veille–sommeil. La mélatonine, quand elle est bien choisie et bien utilisée, aide à remettre les pendules internes à l’heure. Le reste se joue dans l’assiette, dans la chambre, sur les écrans, et dans la façon de gérer la tension mentale de la journée.

La mélatonine est-elle vraiment une solution naturelle sans risque pour l’insomnie ?

La mélatonine est une hormone produite naturellement par la glande pinéale, ce qui en fait un outil intéressant pour la régulation du sommeil. Les formes étudiées chez les plus de 55 ans, en particulier la libération prolongée à 2 mg, montrent une bonne tolérance, sans dépendance ni effet rebond majeur. Cela ne veut pas dire absence totale de risque : des céphalées, des rêves plus intenses ou des interactions avec certains traitements peuvent survenir. L’approche la plus fiable consiste à l’utiliser dans un cadre défini (durée, horaire, cible) et à en parler à un professionnel si tu suis déjà plusieurs traitements ou si tu as une maladie chronique.

Quelle différence entre la mélatonine et un somnifère classique ?

Les somnifères classiques (type benzodiazépines ou apparentés) agissent comme de petites anesthésies générales : ils sédatent le cerveau, modifient la structure du sommeil et exposent à la dépendance, à la somnolence diurne et aux chutes, surtout chez les seniors. La mélatonine n’endort pas de force, elle synchronise l’horloge interne en envoyant un signal de nuit à l’organisme. Bien utilisée, elle améliore l’endormissement et la continuité du sommeil sans altérer autant l’architecture des cycles, et sans sevrage marqué à l’arrêt.

À quel moment prendre la mélatonine pour qu’elle soit efficace ?

Pour la majorité des personnes, la mélatonine se prend en soirée, entre 1 et 2 heures avant l’heure de coucher souhaitée. Les formes à libération immédiate agissent surtout sur l’endormissement précoce, alors que les formes à libération prolongée ont un effet plus global sur la nuit. La régularité horaire compte plus que le jour précis de début. Un environnement adapté (lumière réduite, pas d’écran lumineux, repas déjà digéré) conditionne largement l’efficacité de la prise.

La mélatonine peut-elle améliorer la santé des yeux ?

La mélatonine agit d’abord en régulant le sommeil, ce qui améliore indirectement la santé visuelle en laissant à la rétine le temps de réparer les dommages oxydatifs nocturnes. Elle possède aussi des propriétés antioxydantes étudiées dans certains tissus, mais l’intérêt principal, à ce jour, reste le soutien à un sommeil continu. Combinée à une alimentation riche en lutéine, zéaxanthine, DHA, vitamines C et E, et à une bonne gestion de la lumière (moins d’écrans tardifs, plus de lumière naturelle le matin), elle contribue à protéger la vision sur le long terme.

La mélatonine suffit-elle à traiter tous les troubles du sommeil ?

Non. La mélatonine est pertinente quand il existe un problème de rythme circadien ou une baisse de sécrétion liée à l’âge, comme chez les plus de 55 ans insomniaques. Elle ne traite pas une apnée du sommeil, un syndrome des jambes sans repos, une dépression, ni une consommation excessive d’alcool ou de caféine. Dans ces cas, la priorité reste le diagnostic et la prise en charge des causes de fond. La mélatonine peut éventuellement compléter, mais ne remplace ni une consultation médicale, ni une thérapie du sommeil bien conduite.

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